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  • Lecture (fiction, non-fiction) voyages (y compris mini-voyages du week-end en Suisse) histoire, litt. récente ou non, mots rares & précieux, origines des mots/expressions/noms de lieux
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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 20:11

Un seul tir de revolver dans une station-service met brutalement fin à la vie d’Elena, une jeune femme d’origine ukrainienne. Ni le gérant de la station, un Bulgare, Kiril Todorov, ni son neveu absorbé dans son jeu électronique, n’ont vu quoi que ce soit. En tout cas, ce meurtre est du travail de pro. C’est à la Blécherette, tout à côté de Lausanne, qu’Elena a été froidement dézinguée.
Lorsque démarre l’enquête, le flic vaudois Serge Mariani, tiraillé entre le boulot et les SMS répétés de sa femme au sujet du repas de Noël, doit demander l’aide d’un journaliste hautement alcoolisé, Michel Rod. Car les investigations se portent dans le milieu des noctambules, des buveurs, des arrière-boutiques des commerçants du sexe, entre baisodromes à bas prix tapissés de matelas et parties fines cinq étoiles à deux mille francs suisses l’entrée. Elena, en effet, était une fille de joie, ou, pour la décrire de manière plus moderne et moins poétique, une travailleuse du sexe.
Le lecteur, dans ce polar situé dans le chef-lieu vaudois, et intitulé Le Cadeau de Noël, paru aux éditions Campiche en cette fin 2012 faussement apocalyptique, fiction qui se déploie donc en des lieux que les habitués parfois reconnaîtront, au seuil des fêtes de fin d’année, peu avant et pendant Noël, le lecteur, donc, va ainsi rencontrer: une mère maquerelle au cœur de pierre, un tueur aux nerfs dangereusement fragiles, un pizzaiolo en surpoids, de vieilles dames de la haute, un étudiant en philo qui joue au Père Noël, un chirurgien réputé autant pour son habileté que pour ses relations, des hommes du DARD (une force d’intervention rapide) un délinquant qui fait une indigestion de cevapcici (ou cevapi, en serbe ћевапчићи), des spécialités culinaires serbes, bosniaques, balkaniques, etc. Sang et larmes, déchirures sociales et exploitation des filles par l’homme (ou par une femme) parsèment ce roman policier. L’humour, une pincée de comique social s’invitent devant le sapin, à un moment. On rit (un) peu. La qualité principale de l’écrivain, Daniel Abimi, qui signe là son deuxième roman, réside dans le fait de brosser des portraits vivants et hauts en couleur des protagonistes, flics ou voyous, épaves ou jouisseurs en mal d’amour tarifé ou disons, de sexe plutôt que d’amour.

Lausanne devient un décor romanesque ces derniers temps. En l’an 2035 dans 33e itération d’Yvan Bidiville, et un peu dans le recueil Léman Noir, et maintenant dans Le Cadeau de Noël.

Avis - je le dis avec une pointe d'humour - aux autres villes romandes... et aux autres cantons suisses romands. Lausanne est très romanesque en 2012. Dans un autre article de ce blog, j'évoque Genève dans la littérature & fiction, par ailleurs.

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