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  • : Le pays de Souram
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  • : Lectures ? Autant de moyens d'évasion! "Quand on a une info, on la sort" (adage journalistique) Cacher ce qu'on sait, c'est se révéler triste. Timeo hominem unius libri (Thomas d'Aquin) l'individu d'un seul livre m'effare. Seul devoir, chercher son bonheur (Kazantzakis)
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  • Lecture (fiction, non-fiction) voyages (y compris mini-voyages du week-end en Suisse) histoire, litt. récente ou non, mots rares & précieux, origines des mots/expressions/noms de lieux
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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 13:12

Quelles recettes pour le quotidien suisse romand Le Courrier, dont nous sommes plusieurs à connaître l'existence ? dont moi, à une échelle modeste évidemment.

Je ne sais pas si c'est faisable par lui - à première vue, je trouve que cela devrait être réalisé sans traîner, mais je ne suis pas influent - mais Le Courrier pourrait:

- Miser sur un engouement.

Pourquoi désire-t-on lire un journal ? Parce qu'on en tombe amoureux. Parce qu'on est irrésistiblement attiré par lui. La

- séduction

tient donc un rôle primordial. La séduction d'un large public s'entend.

Pour y arriver:

- choisir un événement local qu'on trait et exploite le plus possible, comme les 100 ans de l'IJD, l'Institut Jaques-Dalcroze (par exemple), en 2015 auront lieu des fêtes dont l'une, en plein air en mai, mérite à coup sûr un reportage in situ

- choisir un fait divers exploitable socialement, politiquement (éviter les comptes rendus de collisions automobiles dans un bouchon, cela n'a guère de résonance émotionnelle)

Et ce n'est pas tout.

Surtout, chacun doit pouvoir agir selon une idée qu'il a, du moment que cela génère de la notoriété pour le journal, sans passer par des filtres (palabres)

Affaire à suivre...

15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 17:11

A quatorze ans, j’ai été impressionné par «Le K» de Dino Buzzati. Des années plus tard, non seulement j’ai des réserves sur ce recueil de nouvelles de l’écrivain du Désert des Tartares, mais je me demande si «Le K» n’a pas quelque peu mal vieilli, s’il n’a pas fait naufrage. Ou alors Buzzati hésite en effleurant plusieurs styles et genres, livrant un chantier expérimental qui perd de sa force de par son aspect inabouti. Buzzati met en scène un petit prêtre et un pape dans ce qui prend l’allure d’un conte édifiant rafistolé un tantinet larmoyant, sans doute une fiction qui ne «parle» plus à grand monde. Une antiquité datant de la démocratie chrétienne des premières années après les élections de 1947 en Italie, voilà ce que c’est, dirait-on.
Je suis peut-être trop adulte pour marcher au «Veston ensorcelé» qui sécrète des billets de banque jusqu’à générer un montant de 50 millions (de vieilles lires, de surcroît, dont je n’ai plus l’usage depuis l’instauration de l’euro). La statue du saint qui se met à parler pour dire «oui» à un casse-pieds dans la nouvelle homonyme me laisse perplexe: miracle ? parodie ? Buzzati en vient de fait à doter le casse-pieds d’une sorte de pouvoir divin, ce qui n’est pas de bon augure. Soit l’écrivain de la province de Belluno n’avait plus aucun espoir en écrivant «Le casse-pieds», soit il pousse à sacraliser l’autorité de l’emmerdeur. Pour le plus grand malheur de la liberté humaine. On ne remplace pas une injustice par une autre, Buzzati, cela s’appelle une impasse politique.
La version française traduit le nom du personnage poursuivi par le monstre «K» par Stefano Roi, ce qui gâche la lecture parce que ce bonhomme vulnérable atteint d’une hantise héritée de son père devient un monarque. Stefano Re, en italien, cela sonne assez bizarre mais «roi», livré comme cela, ça l’est encore davantage. La version française traduit forcément mal le mauvais choix de Buzzati. Il aurait pu appeler le protagoniste tout autrement, Manin, Bianchi, Rossi, Doria, etc. Doria, du nom d’un doge de la République Maritime de Gênes, aurait résonné de façon ironique et caustique, en tant que nom de famille d’un personnage ayant si longuement évité la mer.
Buzzati illustre malgré lui le thème «comment louper un sujet», comment rater une occasion en or massif de dystopie. Orwell a écrit «1984», la plus célèbre sans doute des dystopies. Dans «Voyage aux enfers du siècle», le texte le plus long et – osons l’adjectif – le plus bavard du recueil, Dino Buzzati effleure le principe de la dystopie en imaginant un système totalitaire sans compassion prêt à jeter les improductifs lors de récoltes régulières de déchets érigées en rituel, l’Entrümpelung. Un roman dystopique aurait porté davantage que ces esquisses souterraines artificiellement reliées au métro de Milan. En l’occurrence, le lien d’effet de réel avec le métro milanais n’apporte rien d’intéressant. Un métro est un métro, un train qui roule sous terre, pas un conte de fées. Les menaces qu’il recèle n’ont rien de métaphysique.

16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 19:44

Corruption, prévarication, esprit de corps entre notables gangrènent l'administration de la Colonie du Cap, estime un Estienne Barbier frondeur qui ne s'embarrasse pas de finesses mondaines. Le trublion, émigré de France en 1730, trouve la force de résister (notamment quand il croupit au cachot au Cap) dans ses "dialogues" avec une certaine Jeanne qui se révèle être... Jeanne d'Arc, "la pucelle d'Orléans" ! Exalté, E.B. parle à la guerrière du 15e siècle qui lui "répond", ou du moins il entend une voix, la voix de celle qui entendait des voix.
Diffamation, injure, voilà de quoi les magistrats néerlandais accusent le Français Estienne Barbier.
Moment étonnant, quand Jeanne raconte son supplice. Ce roman va donc au-delà des canons du réalisme. Une part de rêve voire rêve éveillé hante l'ouvrage. Le même homme qui dialogue avec la pucelle lorraine n'a-t-il pas affirmé avoir tué en pleine brousse une licorne ? André Brink marie rêve, légendes sur les contrées lointaines (le Monomotapa et ses hommes habillés d'or et ses femmes et filles toujours toutes nues* sauf Sa Majesté la Reine ne relèvent sûrement pas de l'histoire réelle de l'Afrique noire ! même si un véritable royaume du Monomotapa a pu exister) et aspects juridiques vraisemblables j'imagine de l'administration hollandaise du Cap et de Stellenbosch (avec titres et fonctions officielles). La mentalité d'alors et ses travers racistes sont cruellement rendus, les autochtones sont tous appelés Hottentots et on se moque de leur/s langue/s à "clics" phonétiques (comme cela s'entend en langue xhosa).
Estienne se raconte en s'adressant à Rosette, son interlocutrice virtuelle, une esclave qu'il a aidée à prendre la fuite naguère.
C'est moins sauvage et aéré que l'envoûté Un instant dans le vent, ce roman plus rousseauiste et débridé qu'un Tout au contraire plus sérieux, juridique, plus axé sur l'hostilité envers les gouvernants. A un moment, des fermiers affichent une protestation sur la porte d'une église, on croirait être revenu au temps de Luther. Violent, cynique, brutal, sanglant, l'ouvrage l'est clairement. L'époque l'était également. La Blanche et le Noir sont ensemble dans Un instant... et le destin sépare le Blanc de la femme noire dans Tout au contraire. J'ai préféré Un instant... mais le présent livre possède une force intrinsèque néanmoins.

*tout au plus les jeunes filles et femmes vierges sont-elles en scène à demi-nues lors de la danse et cérémonie de l'Umlanga ou Danse du Roseau - Reed Dance - mais seulement dans le petit royaume de culture zoulou du Swaziland, fief du roi polygame Mswati, en ce qui concerne le présent

16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 19:39

Catherine est issue d'une grande famille de capitaines d'industrie du Nord. Elle s'occupe de restauration et de commerce d'oeuvres d'art, de peintures, dans le milieu des marchands d'art et des riches (quelquefois un peu fêlés) collectionneurs. Catherine sillonne la Champagne afin de compléter un livre sur les belles demeures qui s'y trouvent; et, cela va de soi, l'autre dessein de ce voyage champenois concerne la recherche d'oeuvres d'art oubliées...
Un Watteau peut en cacher un autre. Tout ce qui fait penser à Pannini* - peintre réputé - n'est pas forcément de lui.
Un Italien fortuné fou d'inscriptions antiques propose le mariage à Catherine. Celle-ci aime toutefois Rémy, en France.
Avec Rheims l'Aïeul, feu le subtil Maurice Rheims, per forza, forcément, le lecteur - c'était le cas dans Le Saint Office sur un mode plus drôle - est amené à fréquenter les palazzi, les belles maisons, bref, une certaine idée de la société des amateurs d'art ancien.
*voilà que Pannini évoque pour moi Michel Butor, celui-ci a écrit des pages où la peinture de Pannini lui importe; je ne sais plus dans lequel de ses livres, est-ce dans La Modification ou non ? Cela dit, qu'importe, il y a déjà des points communs avec Butor, le Nord, et Rome.

p.155, description évocatrice d'un château, beau morceau. On comprend que l'écrivain en connaissait un rayon.
p.152 un chien appelé Chardin.
p.216 autour de la bataille de Waterloo, chirurgie de guerre, juin 1815.
p.263 deux tableaux de Sassetta découverts dans un grenier de Sienne...

16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 19:31

Le roman se déroule en 1938 dans le milieu colonial britannique. Le même que l'environnement de Burmese Days de George Orwell. Henry Winton, planteur de thé, chasse avec fermeté une jeune femme qui avait volé des feuilles de thé; voilà comment tout démarre.
Je note le mot چارپائی, charpoy, lit tissé d'Inde, littéralement "objet qui possède 4 pieds" en ourdou et pathan/pashtoune. On trouve ce terme au début du roman, quelqu'un qui vend des charpoys. Je pense qu'on dit "tchar poï", ça sonne assez persan, ce mot, en fin de compte. p.21: Ils nous apporteront un couple de charpoys. On voit que c'est traduit: a couple of, donc deux, passé tel quel en français pimente le récit, involontairement (?) d'un petit air de love story, puisqu'on susurre quelque chose au sujet d'un "couple" de lits. A la 1ère lecture du mot charpoy, je me demandais s'il s'agissait d'oiseaux "inséparables" exotiques; je ne suis pas habitué aux mots anglo-indiens, malgré mon pseudo souram qui peut évoquer l'Inde. Comme quoi l'habit ne fait pas le moine.

Des lieux réels dans ce livre ? Je ne trouve pas Tinapur ("tina pour") parmi les endroits réels; est-ce Dimapur (à présent dans le Nagaland depuis le fractionnement de l'Assam "élargi" en plusieurs entités) ? Quant à Silent Hill, mystère total... L'écrivain indien de langue anglaise ne se souciait peut-être pas de citer des lieux réels, son public occidental n'ayant aucune idée de la toponymie assamaise. Et Manohar Malgonkar n'était pas Assamais. Lamlung semble également être un nom de lieu imaginaire, je ne trouve aucun endroit associé à l'Assam et portant ce nom; Lam Lung sonne plutôt extrême-oriental.
Malgonkar a vraisemblablement choisi l'Assam pour décor en raison de la présence de plantations de thé gérées par les Britanniques, le roman s'articulant autour de la question raciale, des rapports tendus entre Blancs et Indiens, de la volonté des Blancs de maintenir leur empire: "L'empire est vaste", déclare l'un d'eux à Henry Winton avant de lui dire de ne pas chercher querelle aux Indiens, afin, précisément, que l'empire dure... (le tout en 1938, neuf ans avant le 15 août 1947). Autre thème: l'érotisme, les congaïs assamaises (maîtresses).

Un tiffin est un snack ou un repas léger, dans l'argot - slang - de l'Inde coloniale. En Inde et au Népal de nos jours, ce mot désigne un en-cas ou un repas léger en général sans connotation de slang.
Un shikari est un guide, toujours un Indien, un assistant loué ou employé par un chasseur, en l'occurrence lors de la chasse à l'éléphant rogue, Henry Winton est escorté d'un shikari.
L'izzat est un concept que l'on peut traduire par "honneur". Un mot ourdou.

Henry Winton, lors de la "Semaine de Chinnar" (événement qui réunit tout ce qui compte dans la société blanche de l'Assam colonial, où se décident mutations, nominations ou limogeages) est abordé à propos d'une affaire plutôt originale: la nécessité d'abattre un éléphant solitaire dangereux, un "rogue".. Winton accepte de relever ce défi. Lequel survient dans un contexte délicat pour Winton, puisque la jeune femme qu'il a rabrouée est la nièce d'un Assamais très engagé dans la lutte pour l'indépendance de l'Inde. Winton se trouve donc dans la ligne de mire des autorités britanniques qui aimeraient éviter que Winton fasse ainsi des vagues en entrant en conflit avec des "autochtones".
La chasse au "rogue elephant" ébranle le statut d'Henry Winton.

Eh bien, est-ce le souvenir d’Une Histoire birmane (en anglais, Burmese Days) de George Orwell ? Peut-être. Mais une chose est sûre, j’aime beaucoup ce roman «assamais» de Monahar Malgonkar. Il transporte le lecteur dans un nœud de vipères (ou de cobras, puisque nous voilà en Inde, or on trouve des cobras royaux, ophiophagus hannah, dans le parc naturel de Kaziranga en Assam, Kazirônga* en assamais) de jalousies, de vanité, de médaillés et de notables se heurtant à une classe politique indienne émergente et essayant de faire quand même durer l’empire des Indes. On entend presque siffler les ressentiments et leur langue bifide.
L’affaire de l’éléphant rogue (du pachyderme solitaire et agressif) révèle à quel point la nécessité de sauver la face, le poids de l'ezzat/izzat ("honneur", dans la langue des Grands Moghols) peuvent mener à détruire des indices et à inventer une certaine version des événements prête à servir le moment venu. Petits et moyens arrangements avec la vérité doivent ainsi préserver un statu quo en fait déjà moribond, à la veille du second conflit mondial. Convulsions de l’ancien monde droit devant. Cela n’implique pas que le nouveau soit parfait mais quand ce roman démarre, nous sommes en 1938. Gandhi est devenu incontournable. L’Assam au-dessus du volcan, en somme.
*Kaziranga, c’est soit le pays des chèvres rouges, soit la forêt où deux amoureux, Kazi et Ranga, la fille s’appelant Ranga, le jeune homme Kazi venant de la région de Karbi Anglong (de nos jours Karbi Anglong est un district de l’État d’Assam, préfecture Diphu, «blanche eau» en langue locale dimasa) se seraient enfuis au plus profond des bois (de la jungle) parce que leur amour n’était pas agréé par leurs proches; je préfère la seconde étymologie à la première.

Le rythme n'est pas aussi rapide qu'au 21e siècle, ce qui n'ôte rien à l'intensité dramatique de ce roman où un éléphant* peut faire basculer beaucoup de choses...
Tandis que la Seconde Guerre Mondiale est commencée, une autre "guerre", privée, bien plus restreinte dans son théâtre d'opérations celle-là, s'amorce en Assam à la fin de la période britannique. Derrière les parties de chasse, le thé au salon et les réunions d'augustes sujets de Sa Majesté fermentent ressentiments, haines et sombres complots sur fond d'indépendantisme indien grandissant.
Que l'Assam soit réaliste ou réinventé par Manohar Malgonkar n'a aucune importance, l'écrivain indien mène ce drame habilement, raconte comment les mâchoires d'un piège se referment sur une proie humaine. Aucune raison de réagir en schtroumpf grognon.

*à un moment, il est question de la présence de ce fameux éléphant rogue à une seule défense dans une vaste aire de jungle qui s'étend jusqu'à la frontière du royaume du Bhoutan; il pourrait s'agir du district assamais de Barpeta ("bar péta", soit "grand marais") célèbre autrefois pour son artisanat de l'ivoire; Barpeta se situe dans un secteur très irrigué de ruisseaux divers, et le district s'étend vers le nord jusqu'à la frontière bhoutanaise

Julie Christie, actrice de cinéma (Billy le Menteur, Docteur Jivago, Shampoo...) est née en 1940 ou en 1941 à Chabua, চাবুৱা , en Assam, où ses parents britanniques géraient une plantation de thé. Chabua, ville dont le nom signifie "plantation de thé", cha=thé, se situe de nos jours dans le district assamais de Dibrugarh.
Indira Goswami, en littérature, Mamoni Raisom Goswami, est née le 14 novembre 1942 à Guwahati (Assam) et décédée en novembre 2011 à l'âge de 69 ans; c'était une romancière indienne; elle a vécu ses premières années à Shillong, dans le "grand Assam" (undivided Assam) d'avant 1972.

L'Assam est de nos jours l'un des sept États de l'Inde situés dans "l'oreille de l'Inde", en ce saillant nord-est voisin de la Chine, du Bangladesh et de la Birmanie: Arunachal Pradesh, Tripura, Mizoram, Nagaland, Manipur et Meghalaya constituent les six autres. Villes assamaises: Dibrugarh, Dhemaji, Tezpur, Bongaigaon City, Haflong, Sivasagar, Kokrajhar, Cachar, Karimganj, Lakhimpur, Tinsukia (pron. "tin sou kia"), ainsi qu'une localité portant l'étonnant nom de Margherita !) d'après la reine Margherita d'Italie, ville ainsi appelée en raison de l'activité d'un ingénieur italien dans le secteur au 19e siècle sous le Raj, l'administration britannique... Doomdooma, Dum Duma, dans le district de Tinsukia; à l'origine de ce nom très "sonore", aux airs d'onomatopée, on raconte qu'autrefois le secteur était en pleine jungle, fréquenté par des éléphants; le bruit des éléphants piétinant le sol lorsqu'ils chargeaient, dum dum, aurait donné son nom, ensuite, à la localité ! S'ils avaient préféré "immortaliser" les barrissements, la ville aurait eu un tout autre nom, en somme.

16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 19:20

p.35: "Le dernier Paris-Soir que François avait lu aux avants-postes était daté du 21 mai 1940. Il était question de la lutte acharnée des troupes françaises pour ralentir l'avance allemande. Le journal datait du 21. Et on était le 27."
La 1ère partie de ce "roman de guerre" porte le sous-titre "La Nuit de Volmerange". J'ai vérifié, il existe une municipalité comptant quelque 2000 habitants, Volmerange-les-Mines, où des combats ont eu lieu en mai et juin 1940. C'est sans doute ce Volmerange-là qui est décrit au début du roman. Volmerange-les-Mines se trouve près de Thionville et Cattenom, en France, dans le département de la Moselle (région Lorraine). Une autre Volmerange, Volmerange-lès-Boulay, existe dans le même département.
Des troupes françaises où sert le commandant Watrin arrivent donc fin mai 1940 à Volmerange...

Après Volmerange, voici "La nuit du Bois Joyeux" en juin 1940, avec des rafales, des attaques de Stukas ("avion de combat en piqué", STUrzKAmpfflugzeug), et des soldats qui ne sont plus tout à fait dans le même état d'esprit qu'au début. N'ont-ils pas dû fusiller un mutin ? Pareil devoir vous change un bonhomme. Et en plus, ça canarde méchamment non loin des berges de l'Aisne.
Acy figure parmi les lieux cités dans le roman; de nos jours Acy-Romance, dans le département des Ardennes, en pays rethélois. Sault-lès-Rethel et Rethel aident à localiser ce 2e volet. A présent cela coïncide avec la Communauté de communes du Pays rethélois. Insomma, ces Ardennes- sont extrêmement loin du merveilleux fantastique cher au romancier d'Attigny André Dhôtel ! "Malvenue" dans le "pays où l'on aurait aimé ne jamais arriver"... Dans ce contexte brutal, on apprend l'évacuation de Dunkerque...

"Nuit" suivante - le livre se découpe en nuits - à Tempelhof, où Watrin, Van' et quelques-uns des rescapés du Bois Joyeux sont en captivité dans le Reich.

Globalement, ce roman est dense, il suit de près le destin de quelques hommes entraînés dans la guerre; dramatique, intéressant, bien que le sort de Watrin soit, à ce stade, incertain; j'imagine que Watrin sert de figure emblématique ?
Watrin laisse des instructions, en captivité, parce qu'il est à bout.

On peut également voir dans ce roman l'assemblage aléatoire de combattants mobilisés puis de captifs arrachés à leur vie habituelle, privés de la faculté d'enfourcher leur dada, ballottés par la somme toute violente histoire du vingtième siècle.

16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 19:15

Deux ans. Il aura attendu deux ans avant que je le lise.
Lu en partie dans le train et en partie à Aigle sur une terrasse par cette belle journée ensoleillée estivale tardive du samedi 6.9.2014. Je suis allé à Aigle et à Bex ainsi qu'à Troistorrents. Une fête avait lieu à la salle communale bellerine, réunissant des Indiens ou des Sri-Lankais radieux. Aigle vivait à l'heure de la grande braderie. Mon 1er déplacement hors du canton depuis mon accident du 2 juillet.
A travers ce roman, Nedim Gürsel mène le lecteur dans différents moments de l'histoire humaine réelle, au 6e siècle, au 7e siècle ap. J.-C. et au 20e. On distinguera l'époque himyarite (dynastie d'Arabie du Sud) et sassanide (Khosro Ier "Anouchirvan") la vie du prophète Mahomet et le début de l'islam, ainsi que la Grande Guerre du point de vue de l'empire turc. Quelques références à la guerre gréco-turque parsèment également l'ouvrage (1919-1922). La Première Guerre Mondiale est abordée de façon inhabituelle pour le lecteur occidental, puisque T.E. Lawrence est l'ennemi, non un héros "romantique", et les Turcs tentent de conserver la ville de Médine (Arabie Saoudite actuelle) tandis que les Arabes insurgés et leurs alliés britanniques bombardent le chemin de fer du Hedjaz afin de couper les lignes de ravitaillement turques. J'ai même lu un passage contant l'intervention de troupes turques dans le désert de Tih (Sinaï) un théâtre d'opérations dont les Occidentaux parlent très peu. Intéressante narration de cette Grande Guerre côté oriental, spécialement quand on la lit alors que Barack Obama forme une coalition contre l'Etat Islamique mésopotamien en ce moment.
Que fait ce récit de guerre ici ?
Un homme se penche sur son enfance.. Il trouve des notes laissées par son grand-père, ancien combattant revenu mutilé (un bras en moins) de la Grande Guerre. Le protagoniste, privé de sa mère, partie, et de son père, décédé, a été pris en charge par ses grands-parents. Le grand-père croyant et la grand-mère qui racontait des histoires de la tradition turque. Elevé dans les principes de l'islam, l'enfant entre-temps devenu adulte se rappelle ces années où il entendait une histoire sainte. Parallèlement à cette exploration du passé, le roman recèle des interventions (monologues) des "filles de Dieu", déités de l'Arabie d'avant l'islamisation, Manat, Uzza et Lat, lesquelles racontent à leur façon les bouleversements induits par l'émergence du monothéisme dans la péninsule arabique. J'ai été sidéré par ces passages où Nedim Gürsel fait parler des divinités "païennes" dont jamais je n'avais seulement lu les noms jusqu'ici. Abraham, la pierre noire, le sacrifice, Moïse, Jésus apparaissent dans cet ouvrage mêlant légende, divin, humain, enfance, événements historiques comme je l'ai souligné, quoique l'Histoire et l'histoire sainte puissent se rencontrer. Ainsi en va-t-il de l'attaque réelle d'un roi éthiopien contre La Mecque vers 570 ap. J.-C.; cette guerre (perdue par l'armée africaine) "vit" encore dans la sourate de l'éléphant (avec l'histoire des pies qui jettent des pierres). A noter, des scènes de la vie en Arabie préislamique. A ne pas manquer.
Je trouve que ce livre recèle des aspects poétiques, de la passion, voire de l'érotisme, du merveilleux (qualifié souvent d' "oriental") p.ex. avec le prince arabe du 6e s. qui va à Constantinople et espère courtiser l'impératrice Théodora... Et ces chatoiements comme dans le plumage d'un oiseau au soleil n'excluent pas des moments plus rudes, où le sang coule à flots, des têtes sont tranchées (cela prend une résonance glaçante ces jours avec les égorgements filmés par l'Etat Islamique) où des rebelles syriens sont pendus (vers 1915-1916, et je note que depuis 2011 la Syrie brûle, elle est en guerre civile) dans l'empire turc déclinant.
Nedim Gürsel appelle Ctésiphon, capitale sassanide, Madain ("les villes", appellation en vigueur après 638 et la chute de la cité sassanide aux mains des musulmans) et Khosro (Chosroès) Husro. Il s'agit de Khosro Ier "Anouchirvan", au pouvoir de 534 à 579, "roi des rois" perse sassanide.
Etonnant, époustouflant ouvrage.

16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 19:09

Titre original: "El Asedio", beaucoup plus court que la version française ("Le siège")

Théâtre d'opérations: Cadix et environs durant la guerre d'Espagne de l'empereur Napoléon Ier.
Ce livre attise ma curiosité à l'égard de la ville 3 fois millénaire de Cadix; le roman me donne envie de découvrir cette ville.
Commencé à le lire aujourd'hui, entre autres place de Sardaigne (j'aurai passé au moins un moment sarde cet été quoique loin d'Alghero et de Cagliari...) à Carouge, jusqu'à ce que des employés municipaux viennent enlever le banc où j'étais assis. Pas pour protester contre Arturo Pérez-Reverte (ils n'ont pas vu ce que je lisais) mais en raison d'aménagements de tentes sur l'esplanade pour une manifestation prochaine. Lu un moment rue Hans Wilsdorf dans un mini-jardin où personne n'avait de chaises ni de bancs à démonter, cette fois.
Bon. Assez de calembredaines, le coeur de ce livre n'a rien de comique. Une fille de joie est retrouvée sans vie. Elle a été tuée. Et flagellée. Ce n'est pas la première mort suspecte de jeune fille en cette année 1811* où les Français assiègent Cadix sans arriver ni à la prendre ni à la bombarder correctement (problème avec la portée du tir de certains canons).
Un tueur sévit...
Arturo Pérez-Reverte dépeint de façon très vivante et évocatrice la vie à Cadix à ce moment-là de l'histoire. Cadix n'a pas de secrets pour lui. Le lecteur peut consulter en préambule un plan de la baie mais il n'est pas très lisible, c'est déjà bien d'avoir reproduit ce genre de carte. A l'image, j'ai ajouté un plan de Cádiz** et de ses environs en 1813. L'écusson de la ville s'orne du héros mythologique grec Hercule (Héraklès) flanqué de deux lions; à l'arrière-plan se dressent deux colonnes, les Colonnes d'Hercule (détroit de Gibraltar) Il est écrit sur l'écusson, en latin, en capitales HERCULES FUNDATOR GADIUM DOMINATORQUE, Hercule fondateur de "Gadès" et maître des lieux... Une calle Hércules, rue Hercule, existe dans la ville. C'est très différent du callejón de los desamparados, ruelle des sans-abri !
Quelques termes de marine voguent dans ce roman; mais cela n'altère pas la compréhension de l'ouvrage.
Je note la présence d'un fort appelé le Trocadéro.

La diagonale du fou est une expression du jeu d'échecs (et le titre d'un film où a joué Michel Piccoli, un long métrage en partie tourné à Genève).

*en 1811, aux antipodes, le Paraguay proclame son indépendance sous la houlette de José Gaspar Rodriguez Francia, mis en scène par l'écrivain Augusto Roa Bastos dans son roman Moi le Suprême; il existe une Calle de Paraguay à Cadix, une rue du Venezuela, une rue du Chili, une rue du Costa Rica...
**nom espagnol de la ville; je ne sais pas pour quelle raison on met un "x" en français; aucune idée

Sont nés à Cadix: Manuel de Falla, Paco de Lucia, Rafael Alberti.

Tizón, l'enquêteur, prend conscience d'un élément d'étrangeté dans l'affaire des meurtres successifs de jeunes filles, toutes bâillonnées puis tuées à coups de fouet. L'auteur de ces faits a-t-il choisi les lieux des meurtres en fonction de critères d'arpentage ? Les endroits où les corps ont été retrouvés peuvent s'inscrire dans une structure géométrique. Peut-être dans un arc de cercle ? Selon Tizón, ce constat ne saurait reposer sur le hasard.
Et la guerre d'Espagne semble marquer un tournant: le capitaine français Simon Desfosseux fuit...
Fumagal, Espagnol, Gaditain (=de Cadix), est un sympathisant secret des idées de la Révolution française; il travaille par ailleurs comme taxidermiste.
Le romancier attire l'attention sur la tragédie Ajax de Sophocle, laquelle, suggère-t-il, ressemble un moment à une énigme criminelle... Muchas gracias Arturo Pérez-Reverte, de hausser ma pile de livres encore à lire, qui va défier un jour ou l'autre sur ses talonnettes les pylônes du port gaditano ! D'autant que je ne connais pas bien la tragédie Ajax du Grec Sophocle. Tant que j'y suis, à l'image, ce sont des statuettes votives du temple ou de l'hérôon dédié à Héraklès/Hércules tenu par les Grecs pour le héros fondateur de la ville, même si c'est faux archéologiquement car Gadès est une fondation punique et non hellénique. Γηρυών ou Géryon, le roi de l'extrémité occidentale du monde, Hercule l'affronte dans l'un de ses 12 travaux...

Riches imbrications romanesques, où s'entrecroisent la guerre, l'enquête criminelle, les affaires de Lolita Palma, sur fond de contrebande et de discussions politiques quant au devenir politique de l'Espagne (abolition de la torture, de l'Inquisition, va-t-on vers une royauté constitutionnelle ? se demandent maints Gaditains en cette année 1811 il y a 203 ans). Très vivant, évocateur, le lecteur est transporté dans cette ville à la topographie si particulière qu'est Cadix/Cádiz. L'une de mes plus belles découvertes littéraires de l'année 2014, même.

18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 21:25

A l'exception de la fin, où je trouve B.G. bavard comme quelqu'un qui téléphonerait des antipodes et ne parviendrait pas à conclure (seul moment faible de cet ouvrage) j'ai aimé Cher amour.
Coïncidence, je viens de lire La Reine Isabel chantait des chansons d'amour de Hernán Rivera Letelier, et le narrateur visite l'Atacama, dans ce livre, précisément la région désertique minière où se déroule le roman du Chilien Letelier; j'y ai retrouvé la mine "María Helena" ! B.G. insère dans le chapitre chileno l'histoire d'une reine rebelle inca, du conquérant espagnol Diego de Almagro, d'Inés Suarez (une femme à poigne du temps de la première exploration et conquête du nord de ce qui deviendra le Chili) Bref, l'escale au pays longiligne du "cône sud" du continent sud-américain ouvre des horizons vers d'autres histoires. B.G. traduit le nom de Valparaíso par "va au paradis" ! C'est un port chilien rendu célèbre musicalement par une chanson d'Yvonne George (1896-1930) intitulée Nous irons à Valparaiso.

Hardi les gars! Vire au guindeau!
Good bye farewell! Good bye farewell!
Hardi les gars! Adieu Bordeaux!
Hourra! Oh Mexico! Ho! Ho! Ho!
Au Cap Horn il ne fera pas chaud!
Haul away! hé oula tchalez!*
A faire la pêche cachalot!
Hal' matelot! Hé! Ho! Hisse hé! Ho!

Plus d'un y laissera sa peau!
Good bye farewell! Good bye farewell!
Adieu misère adieu bateau!
Hourra! Oh Mexico! Ho! Ho! Ho!
Et nous irons à Valparaiso!
Haul away! hé oula tchalez!*
Où d'autres y laisseront leur os!
Hal' matelot! Hé! Ho! Hisse hé! Ho!

Ceux qui reviendront pavillons haut!
Good bye farewell! Good bye farewell!
C'est premier brin de matelot!
Hourra! Oh Mexico! Ho! Ho! Ho!
Pour la bordée ils seront à flot!
Haul away! hé oula tchalez!*
Bon pour le rack, la fil
le, le couteau!
Hal' matelot! Hé! Ho! Hisse hé! Ho!

*tirez, hé vous, là, halez !

Le fil du récit se déroule ensuite jusqu'aux Philippines, dans un cocktail sismogène composé de rizières en terrasses, de bidonvilles traversés par des trains, de filles vendues et de déchets, le tout arrosé d'une histoire espagnole, nipponne et étasunienne. Quant à Manille (homonyme d'un jeu de cartes en français) Manila elle figure la tiers-mondopolis tentaculaire étouffante et enfiévrée. Ses déshérités assis sur des pointes d'as de pique jouent non à la manille mais à "opération survie" bien malgré eux. La Calcutta insulaire est là-bas. Lien avec Genève: José Rizal, indépendantiste philippin qui a été exécuté en 1896 par les Espagnols qui administraient alors l'archipel, a séjourné à Genève, rue du Rhône, il y a une plaque commémorative.
Cambodge également sur la feuille de route.
B.G. car c'est bien lui, là, promu "écrivain de marine" navigue à bord d'un navire de la marine française de Tunis à Djibouti. L'ombre de l'Esclave du Vivant, en arabe Abd-al Haï, né Henri de Monfreid, flotte dans le sillage narratif comme celle du "K" derrière Stefano Re. On jette l'ancre (l'encre ? pour un écrivain de marine...) dans la fente où se tapit Djibouti, ville-monde éponyme de la petite République de quelque 23'000 kilomètres carrés proclamée le 27 juin 1977 après un référendum sur le statut du territoire. Les trésors de la Mer Rouge de Romain Gary abordaient déjà ce secteur sensible explosif géologiquement et géopolitiquement.
Et entre ces voyages, B.G. raconte avec passion et sans rien cacher du trac, des doutes, des imperfections, ses rôles au théâtre et au cinéma - Richard III de William Shakespeare, Becket ou l'honneur de Dieu de Jean Anouilh...

Tant que j'y suis, je signale cet extrait d'une célèbre chanson de l'auteur interprète chilienne Violeta Parra (1917-1967), Gracias a la vida et qu'on peut écouter sur YouTube:

Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me ha dado la marcha de mis pies cansados
Con ellos anduve ciudades y charcos,
Playas y desiertos montañas y llanos
Y la casa tuya, tu calle y t
u patio.

30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 16:01

J'ai emporté ce livre qui en a fait autant, ensuite, avec moi. Lu en train entre Genève et Aigle, ainsi qu'à Leysin et aux Diablerets, et en redescendant des Diablerets en fin d'après-midi; terminé en train entre Aigle et Vevey. L'Ardennais André Dhôtel situe dans une région appelée la Saumaie ce roman teinté de surnaturel; en effet, Rosalie n'est-elle pas à même de prédire à quel endroit la foudre va s'abattre ? C'est clair que ce n'est pas donné à tout le monde d'arriver à prophétiser le lieu d'arrivée de la foudre et l'heure exacte où elle tombera...
Jacques Soudret, pharmacien, fils du vieux Soudret, va traverser bien des vicissitudes. Alors qu'il débute dans le métier, secondant un père qui a des ennuis de santé, J.S. tombe amoureux de Viviane Aumousse, la soeur de Rosalie. Viviane, après s'être montrée réticente, accepte d'épouser l'honorable Monsieur Jacques. Happy end ? Eh bien non, puisque ce n'est pas fini. Je ne voudrais pas dévoiler trop le contenu, mais j'ajoute ceci: subitement, Viviane prend la fuite. Elle quitte Jacques. Ce dernier se demande où elle a pu aller, il souffre de cette disparition, interroge les habitants qui louvoient, hésitent à parler, jouent avec sa patience tout en se montrant souvent amicaux. Jacques découvre que la recherche de la vérité est un exercice extrêmement difficile dans cette petite contrée. On discute, on suppute, on commente à tire-larigot, au coeur de la Saumaie.

J'ai aimé l'espèce d'odyssée dramatique, le parcours semé d'obstacles qui conduit Jacques à naviguer désemparé tel un Ulysse terrien baladé de mirage en mirage. Voilà un drame, une tragédie, cela rappellera ce que nous pouvons vivre quand nous perdons de vue quelqu'un et ne parvenons pas à retrouver sa trace, sa piste. Drame, assurément. On n'y pêchera pas de comique, je n'ai rien lu de drôle dans cet ouvrage. Je trouve que les dialogues se chargent en émotion, avec d'un côté les "autochtones" et face à l'un d'eux, ou deux ou plusieurs d'entre eux, Jacques au supplice, en quête d'une réponse à sa question qui résonne dans sa tête: Où est Viviane ? Car J. a le coeur brisé. Ce suspense l'use, le dévoie, l'abîme même, comme le lecteur le comprend au fil des pages.
J'imaginerais bien un long métrage dramatique tiré de ce roman. On pourrait en tirer une adaptation qui serrerait le coeur du public.

Sur le site web "André Dhôtel (point) org", une section est dédiée à L'honorable Monsieur Jacques et intitulée "Un voyage dans la Saumaie", le tout illustré d'images et semé d'extraits du roman. Mauterre, Hersigny, Le Vivier font l'objet d'illustrations, même si je n'ai pas trouvé de commune appelée Hersigny hors de ce site. Les localités du roman semblent fictives; la Communauté de communes des Crêtes préardennaises n'inclut pas de municipalité appelée "Hersigny"; en revanche, on trouve Attigny, pays natal de l'écrivain, et Wasigny, entre autres. Quant à André Dhôtel, il a terminé sa vie à Saint-Lambert-et-Mont-de-Jeux. Noms de communes de la CC des Crêtes préardennaises (liste non exhaustive): Faux (les habitant-e-s sont les "Fallois-e-s", cf. le magnifique écriteau à l'entrée de Faux sur Wikipédia), Clavy-Warby, Allaud'huy-et-Sausseuil (j'aime bien ce nom-là), La Neuville-lès-Wasigny, Champigneul-sur-Vence, etc. Mauterre ("mauvaise terre") et Hersigny relèvent donc de la fiction, de la réinvention par l'écrivain comme la Brianza dans Il Conoscimento del dolore de Carlo E. Gadda.